Tout le monde n’a pas la chance de faire Louis Lumière ou la Fémis. Aujourd’hui, il existe quand même de bonnes écoles privées (payantes) qui s’adaptent aux nouveaux débouchés de l’intégration sonore hors audiovisuel pur. Les techniques, le matériel d’aujourd’hui ne sont pas à la portée du premier venu. Le son, c’est un mix entre la technique, le matériel (il faut aimer ça) et la création, une école de la patience. L’école c’est bien, mais elle ne fait pas de vous un ingé-son prêt pour l’emploi, un technicien du son à dégrossir à la rigueur. Il faut se montrer patient et ne pas compter ses heures pour prendre sa place. L’école (idéalement en alternance) est le lieu d’amorce du réseau, indispensable si l’on veut travailler régulièrement. Il faut surtout bien profiter des stages, rester curieux, voir comment ça se passe en studio ou ailleurs, en tout cas se rendre utile là où l’on se trouve, trouver de quoi glaner. Toujours préférer les échanges de bons services au travail gratuit. On débute souvent comme stagiaire, puis comme assistant, puis comme ingénieur. On construit pas à pas sa réputation, un projet en amenant un autre. L’expérience compte énormément aux yeux de ceux qui recrutent. A la longue on devient le parfait assistant qui finit par se rendre indispensable. Aujourd'hui, travailler dans le son ne se résume plus seulement à la radio, à la télévision, aux studios d'enregistrement et à la scène. Le streaming musical, les podcasts, vodcasts audio, l'identité sonore, le jeu vidéo, l'audio immersif, la création de contenus offrent de nouvelles opportunités, ce qui ne signifie pas qu'il est plus facile de faire sa place. Beaucoup ont fait leurs débuts dans l’événementiel, la scène (concerts de musique, soirées corporate). C’est une bonne école pour apprendre à placer les micros, à les connaître (caractéristiques, rendus sonores), à les régler, voire à se familiariser aux balances, au mixage, aux consoles de retour, de mixage numérique. Certes, il faut s’attendre à faire de la manutention et du tirage de câbles. Parler l'anglais aide beaucoup à percer. Les techniciens de l’image et du son garderont un œil sur la rubrique news de Sonovision ou la rubrique offres d’emploi de SonoMag, sans oublier d’entretenir soigneusement leur réseau et leur carnet d'adresses. On ne peut en effet se contenter de rester chez soi et d’envoyer des CV par mail. Il aller au contact du terrain, être acteur de ce qui se passe. S'inscrire sur la plateforme Malt peut s'évérer utile. Les bons professionnels du son sont courtisés pour leur compétence utile. Il n’y a pas que les concerts, l’enregistrement musique, le cinéma, la radio, la télévision, le reportage, des secteurs comme le ferroviaire (environnements sonores, annonces voyageurs), l’automobile (sons pour le bouclage de la ceinture de sécurité…), le numérique, le gaming (lead voice design/ effets sonores, sons holophoniques, spatialisation/cf : fiche Jeu vidéo/cinéma d'animation), la publicité (cf : fiche communication/publicité) font déjà appel à des sound designers pour concevoir une identité sonore pour une marque, traduire son message. Les studios de podcast, vodcast pionniers comme Louie Media, Binge Audio, Nouvelles écoutes offrent aussi de nouvelles opportunités aux professionnels du son. La maîtrise des logiciels de MAO (Musique Assistée par Ordinateur) et de traitement du signal est requise. Pour s'immerger dans ce secteur jeune, le mieux est de se rendre au Paris Play Festival (ex Paris Podcast Festival) ou au PodParis. Beaucoup de stages et d’intermittence quand même, mais c'est un bon moyen pour se lancer au sortir des études.